Prévention
Médecine, la pénurie est annoncée

Des médicaments que l’on ne trouve plus en pharmacie, des rendez-vous qui comptent plusieurs mois d’attente et des centres de soins qui manquent de personnel. La souffrance de notre système de santé est-elle symptomatique de maux que l’on ne peut guérir ?
La France et ses déserts médicaux ?
Si l’offre de services est inégale selon les territoires, elle se ressent d’autant mieux dans le secteur de la santé publique. En France, les disparités médicales se font au détriment des régions rurales isolées où l’accès aux soins est le plus difficile alors même qu’elles concentrent une plus forte proportion de personnes âgées et dépendantes médicalement. Les mesures d’incitation à l’installation de jeunes médecins proposées par les territoires ne semblent pas suffisantes. Remède à cette pénurie ? Le recours à des médecins étrangers pour assurer le remplacement des départs à la retraite. Ces médecins nouveaux-venus représentaient un quart des inscriptions à l’Ordre des Médecins de 2010. La plupart sont originaires de l’Union Européenne avec en tête les Belges représentant 16,37 % d’entre eux.
Les spécialistes de l’attente
Si le médecin généraliste est une espèce en voie de raréfaction sur certains territoires, les spécialistes sont, quant à eux, les champions des délais d’attente pour accorder un rendez-vous. 3 à 6 mois en moyenne pour une consultation chez un ophtalmologue et plus de six mois pour certains gynécologues... s’ils acceptent de nouvelles patientes. Un constat inquiétant lorsque l’on sait que près de 32 % des Français déclarent avoir renoncé à des soins chez un spécialiste à cause d’un délai d’attente jugé excessif (étude Ipsos pour le Collectif inter-associatif sur la santé (Ciss) de juin 2010). Autant dire qu’il ne faut pas être pressé et qu’il s’agit d’anticiper un renouvellement de lunettes, des soins dentaires ou encore une consultation dermatologique. Un bon 11conseil : lors de la consultation, planifiez votre prochain rendez-vous.
Des médicaments qui se font rares
Début 2011, l’Afssaps (l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) a tiré la sonnette d’alarme face à des ruptures de stock de plus en plus fréquentes pour certains médicaments. Première « coupable » : la mondialisation et sa quête de rentabilité qui préfère la production à grande échelle des molécules les plus courantes aux médi-caments plus complexes et coûteux à fabriquer. Aujourd’hui, la Chine et l’Inde se partagent 80 % de la fabrication de nos médicaments, tandis que les laboratoires européens et américains travaillent sur le conditionnement (transformation en gélules, comprimés, poudres...). Une organisation de la production qui n’est pas sans conséquences sur les besoins de santé réels.
La faute des quotas ?
L’approvisionnement des médicaments connaît également des pénuries chro-niques pour lesquelles laboratoires et grossistes sont mis en cause. Parmi les médicaments produits chaque année par les laboratoires, 600 d’entre eux sont soumis à des quotas internationaux en fonction des besoins épidémiologiques identifiés. Les laboratoires accusent les grossistes (qui jouent le rôle d’intermédiaire dans la répartition auprès des pharmacies) de vendre ces médicaments aux pays qui les achètent au prix le plus fort. La France commercialise par exemple ses médicaments 20 % moins cher que l’Allem
agne et l’écart est encore plus grand pour l’Italie. Ainsi la boîte d’Efferalgan au prix de 1,80€ en France, est vendue à 5,60€ en Italie... De leur côté, les grossistes pointent du doigt un système de quotas qui ne correspond pas aux besoins à couvrir. Des acteurs qui se renvoient la balle, au détriment des patients.
Les médicaments qui font défaut

Parmi la liste de médicaments sujets aux ruptures de stocks fréquentes, on retrouve des anesthésiants à usage hospitalier, des traitements pour les maladies chroniques telles l’hyper-tension ou encore l’épilepsie, mais aussi des somnifères et même l’insuline destinée aux diabétiques.
Contrez les effets de la pénurie
- Anticipez vos renouvellements d’ordonnance
- Prenez vos rendez-vous médicaux en amont, surtout lorsqu’il s’agit de consultations régulières (ophtalmologue et gynécologue en particulier)
- Consultez l’annuaire des établissements et professionnels de la santé référencés sur le site www.ameli.fr, afin d’avoir un accès aux soins simplifié, près de chez vous.



