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Réseaux sociaux et ados : alerte sur la santé !

Réseaux sociaux et ados : alerte sur la santé !

Nous vivons désormais plusieurs heures par jour l'esprit rivé sur une fenêtre tactile connectée. Chez les adolescents, les effets pervers des longues heures passées sur leur smartphone se révèlent inquiétants pour leur bien-être psychique.

Hors les faits de harcèlement liés aux réseaux sociaux, la fréquentation intense des espaces d’interactivités sans fin que sont Facebook, Instagram, Snapchat, WhatsApp et autres messageries instantanées soulève de nouvelles questions pour les psychologues. Les conséquences sur la scolarité sont notables : diminution du temps consacré aux devoirs, difficulté de concentration, réduction des capacités à travailler en équipe… Aux échanges réels entre personnes se substitue une interaction virtuelle où chacun se réfugie derrière une image de soi et se compare aux autres en permanence. Paradoxalement le sentiment d’isolement est de plus en plus important. Aux États-Unis, les autorités commencent à établir un lien entre ces pratiques et l’accroissement spectaculaire des dépressions (+ 60 % en 6 ans chez les adolescents et les jeunes adultes). Pour la génération des « millenials », la question de la préservation des capacités psychiques et sociales se pose.


« Trouver des amis », « sortir de la solitude », « vivre sans amis » : plus de 16 700 recherches liées à la solitude des jeunes ont été effectuées sur Google entre juin 2016 et juin 2017*.


La fréquentation assidue des réseaux sociaux par les adolescents est-elle une véritable addiction ?
Selon Jean-Charles Nayebi, docteur en psychologie : une recherche aux États-Unis, a démontré dès 1996, que certains consommateurs manifestaient une dépendance à internet, de la même façon que certaines personnes devenaient dépendantes de substances toxiques, de l’alcool ou du jeu. Comme pour les autres formes d’addiction, celle à internet – donc aux réseaux sociaux – conduit à une diminution de la performance au travail ou à l’école et provoque des désordres relationnels. Concernant les réseaux sociaux, on peut parler de cyberdépendance relationnelle.

Quels sont les symptômes de la cyberdépendance relationnelle ?
Toujours selon Jean-Charles Nayebi, cette addiction entraîne un rétrécissement de l’univers personnel avec une baisse de la fréquentation des amis et de la famille. On peut voir, par exemple, des enfants qui ne veulent plus aller chez leurs grands-parents car ils n’ont pas d’ordinateur ou pas de wifi, ou qui ne vont plus à leurs entraînements sportifs. Le risque concerne aussi l’abandon des vrais échanges. Une personne peut avoir 400 amis sur les réseaux mais ne pas aller voir sa soeur. Il peut aussi y avoir des conséquences physiologiques : musculo-squelettiques ou oculaires.

Des solutions existent-elles pour soigner cette dépendance ?
Les thérapies de courte durée, sur environ six mois, se structurent autour de trois axes : comportemental, cognitif et analytique. Mais, concernant les enfants, de nouveaux défis se posent aux parents, aux enseignants, aux psychologues et aux éducateurs : il faut encadrer l’usage de cet environnement technologique en constante évolution pour prévenir l’addiction et agir en cas de cyberdépendance. Une véritable éducation numérique semble nécessaire.


Jean-Charles Nayebi est docteur en psychologie et auteur de : La cyberdépendance en 60 questions (éd Retz) et Enfants et adolescents face au numérique : comment les éduquer et les protéger (éd Odile Jacob).


*Selon le Baromètre du numérique - Crédoc juin 2017.




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